Le barrage de Bou Hanifia

Publié le par kalou

J'entendais toujours parler ma grand-mère du barrage, ils habitaient à côté ou pas très loin, ce barrage où tout un lien social s'était construit.

Là bas en Algérie, entre Sidi bel Abbès et Mascara se trouve la commune de Bou Hanifia connue pour ses sources thermales et ses ruines romaines.
En 1930, la construction d'un barrage hydraulique va réunir des familles dans cette vie de chantier et de baraquements.

 

Volume de retenue : 70.000.000 m3

Construction commencée en 1930

Mise en eau en 1940

L'ouvrage, qui doit son nom au village de Bou-Hanifia situé à 4.500 m au N-NE, est un barrage en enrochements arrimés de 460 m de longueur totale en crête; il s'élève à 56 m au-dessus du thalweg; sa largeur au sommet est de 5 m, elle atteint 125 m à la base. Le volume total des enrochements est de 700.000 m3; c'est une maçonnerie cyclopéenne en pierres sèches dont les éléments pèsent de 2 à 10 tonnes, certains blocs atteignant exceptionnellement 15 tonnes.

 

 Depuis des temps préhistoriques, les eaux de Bou-Hanifia sont connues
et hautement appréciées. Les Romains, géniaux utilisateurs de l’eau sous
toutes ses formes, exploitaient déjà les sources que nous connaissons actuellement.
Fort prisées par l’élément autochtone, elles voient, sur les conseils éclairés
du corps médical algérien, accourir vers elles les malades en nombre
croissant d’année en année.
Enfin, leurs vertus thérapeutiques ont reçu la plus éminente consécration
qui soit, celle de l’Académie de Médecine qui a en autorisé officiellement
l’usage.
Bou-Hanifia doit, à une constitution géologique exceptionnelle, d’être assise
sur un sous-sol qui est une véritable officine de santé.
En effet, de très nombreuses sources, dont huit exploitées à ce jour, dispensent
généreusement des eaux d’une valeur thérapeutique exceptionnelle,
et qui peuvent, sur la foi d’analyses indiscutables et l’opinion des
savants les plus autorisés, se synthétiser ainsi :
Chloro – Bicarbonatées mixtes – Hyperthermales –
Fortement radioactives – Oligométalliques – Répondant
à tous les traitement hydrothérapiques
LA CURE THERMALE
Elle comporte :
-La cure de boissons pour laquelle on utilise les eaux du groupe 3 de la
Source du Pont, la Source du Palmier, et la Source N° 6.
-Les traitements externes qui sont mis en oeuvre dans les trois établissements
actuels de la Compagnie Fermière.
-Les Bains
-Les Bains Turcs
Ces traitements comportent essentiellement le bain chaud ou très chaud,
en piscine ou baignoire
Des aménagements nouveaux ont permis d’y adjoindre :
La douche générale ou locale, la douche sous-marine, les cataplasmes de
boues minérales, le séjour en étuve, les grands lavages vaginaux, etc ...

Histoire ancienne

Comme toutes les similaires, celles de Bou-Hanifia furent exploités par les Romains qui eurent ici une agglomération. C'était <<Aquae Sirenses>> dont ne subsistent plus que des vestiges informes, à deux kilomètres au sud.

Mais les piscines antiques furent longtemps utilisées par les Arabes et par les Turcs.

Au point de vue géographique le professeur Dalloni explique la formation des émergences thermales :
"Un affaissement a créé la dépression qui sépare la zone boulerversée du Tell des montagnes jurassiques du massif Saïda ; elle a été occupée par un grand lac vers la fin du Pliocène. Plus tard les calcaires déposés dans le fond de cette cuvette ont été redressés jusqu' à la verticale par une accentuation posthume du même effondrement. C'est également une fracture quartenaire qui a donné lieu aux sources de Bou-Hanifia"

présence française de 1830-1962

Création de la commune

Bien que le Genie militaire, aux environs de 1860 eut commencé de créer des piscines qui servirent aux besoins des malades de l'Armée, ce n'est que beaucoup plus tard, en 1913 lorsque l'agglomération ébauchée passa de l'Administration militaire des Bureaux arabes à celle des communes mixtes que Bou-Hanifia commença à s'organiser.

En 1920, le centre industriel était créé et un école, une mairie, un bureau de poste étaient construits. Ce dernier fut remplacé récemment par un immeuble moderne dû à l'Administration des P.T.T.
Pendant la période suivante, la localité était électrifiée, et une église et de nombreux hôtels-rstaurants s'édifiaient.

Les thermes

Une grande date pour le pays, le 30 janvier 1942, Hammam-Bou-Hanifia ou Bou-Hanifia-les-Thermes était classé station hydrominérale de première catégorie par la Commission hydro-climatique d' Alger.

C'est qu'en 1938, un grand événement s'était produit : le Grand Hôtel des Thermes, édifié par la Compagnie Fermière à laquelle la station fut concédée en 1935, avait été inauguré.

De l'humble village amorphe, cet événement allait faire un grand centre thermal et même la capitale du thermalisme algérien.

Les vertus curatives des <<eaux qui sauvent>> ont attiré plus de 52 000 curistes, ce chiffre à peine croyable, explique la présence des 18 hôtels plus ou moins importants qui vivent de l'exploitation des eaux., l'attrait de l'équipement perfectionné des Thermes et du Grand Hôtel attenant decide beaucoup de malades (et de simples touristes) à entreprendre le voyage, lesquels eussent hésité à se rendre dans ce désert avant sa création

Le barrage

Le barrage se trouve à 5 km en amont de l'Oued El Hammam.
Exécutés par la Société Algérienne des Entreprises Léon Chagnaud, sous la direction de MM. Vergniaud, Drouhin et Arages, les travaux de construction furent entrepris en 1930 et achevés dix ans plus tard. Il remplace celui de l'Oued Fergoug, situé à 20 km en aval, lequel a été détruit en 1927 lors d'une crue évaluée à plus de 5 000mètres cubes seconde, ce qui est un débit d'une exceptionnelle violence.
Aussi les commissions techniques, qui ont étudié la construction du nouvel ouvrage, ont prudemment fixé le débit à 6 000 mètres cubes seconde le débit qu'il est capable d'évacuer.

Barrage d'enrochements arrimés, dont les travaux ont atteint une ampleur considérable due, pour une grand part aux difficultés du terrain, il forme une boucle de l'oued, un lac de 520 hectares d'une capacité de 70 millions de mètres cubes et un périmètre irrigable de 12 000 hectares.

  • Source extrait partiel de la revue P.N.HA n° 92 de Claude-Maurice Robert


 

 

 

 

 

 

      

 

Un lien pour les anciens du barrage où j'ai eu l'agréable surprise de retrouver des membres de ma famille

 

http://perso.orange.fr/michel.soria/

 

 

 

Publié dans "Pieds-Noirs"

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