OLIVIER DE SERRES

Publié le par kalou

OLIVIER DESSERRES  on écrit aujourd'hui DE SERRES

1539/1619

 

Né en 1539, à Villeneuve de Berg en plein coeur du XVIe siècle de grandes découvertes.

Venant d'une famille aisée et protestante, fixée depuis longtemps en Ardèche, son père (Jacques) et son grand père (Antoine), étaient drapiers et marchands de tissus, ont fais fortune dans ce commerce.

Jacques DESSERRES élu à l'unanimité en 1533, premier consul (maire) de Villeneuve de Berg. La famille d'Olivier de SERRES à joué un rôle très important dans la vie publique dans la région, Olivier de SERRES, bénéficia des meilleurs enseignements et d'un percepteur privé.

Il perd son père à l'âge de 7ans en 1546. En 1558, à l'âge de dix neuf ans, il achète le Domaine du Pradel. Il gagne le titre de Seigneur du Pradel, en acquérant des droits de justice sur son domaine.

 

Le 11 juin 1559, il épouse Marguerite d'ARCONS, fille du juge de Villeneuve de Berg. Comme tous les protestants de l'époque, ils se marièrent à l'église locale. Dix neuf ans plus tard, il demeure au Pradel, en dépit de fréquents troubles provoquées par les guerres de religions. Son épouse et lui ont eu 7 enfants, il organise sa vie entre son exploitation du domaine, le diaconat de l'église réformée de Berg et l'ducation de ses enfants.

Son frère cadet Jean de SERRES, après des études de théologie à Genève, (il fut l'un des premier de l'Académie fondée par Calvin) est devenu pasteur et tente de concilier protestant et catholique.  En 1596, il devient historiographe du roi de France, Henri IV, il meurt en 1598.

Olivier prend alors en charge les neufs enfants de son frère.

En 1599, âgé de soixante ans, monté à Paris pour régler les affaires financières de son défunt frère. Il apporte avec lui le Théatre d'Agriculture et de Mesnage des Champs.

 

 

 

 

Henri IV ayant eu connaissance de l'oeuvre, retint son attention sur l'élevage du ver à soie, car il permettait de produire le luxueux tissu à moindre coût.

Henri IV passa commande à Olivier de SERRES d'environ 20.000 mûriers blancs, qu'il installa dans les jardins des Tuileries en 1863.

Olivier de SERRES meurt en 1619, trois ans après sa femme. Il a probablement été enseveli au cimetière de Villeneuve de Berg, comme il le souhaitait dans son testament, mais son corps fut ensuite transféré dans sa propriété, où la légende dit qu'il repose non loin de sa maison, sous 4 cyprès marquant l'emplacement du cimetière familial.

Le Pradel est entièrement rasé. En 1628, Richelieu ordonna aux troupes royales de démenteler de nombreuses places fortes protestantes.

 

Le Domaine Olivier de SERRES situé au lieu-dit le Pradel sur la commune de Mirabel. Site historique où travailla Olivier de SERRES considéré comme le père de l'Agronomie moderne.

Patrimoine d'Etat depuis 1922, lieu de formations et d'enseignement agricoles depuis 1926. Entièrement rénové début des années 1990.

LE THEATRE D 'AGRICULTURE ET MESNAGE DES CHAMPS ce traité contient tout les conseils dont on a besoin un père de famille pour faire fructifier son domaine et tiré profit au mieux des produits de la terre.

des liens:

http://www.agriculture.gouv.fr/histoire/5_grands_noms/serres.htm

http://www.olivier-de-serres.org/selection_menu.php?id_menu=3

http://www.ish-lyon.cnrs.fr/commun/COMISH/DOSSIER40.html

http://www.fundp.ac.be/sciences/biologie/bio2001/bioscope/deserres/deserres.html

 

quelques portraitd de lui:

 

 

 

statue d'Olivier de Serre

 

Tableau d'Olivier de Serre

 

Le vocabulaire d'Olivier de Serres, né dans ce XVIe siècle si fécond, dont la devise était «enrichir la langue», est le résultat exemplaire de cette volonté d'enrichissement.
On trouve 1500 articles faisant référence à Olivier de Serres dans Littré, il est cité dans Huguet, Godefroy, le FEW (Französisches etymologisches Wörterbuch), et on ne compte pas moins de 262 citations dans la rubrique « Etymologie et Histoire» du Trésor de la Langue Française. Il est une source importante aussi du dictionnaire de Cotgrave (1611).
Le premier ouvrage d'Olivier de Serres est sorti des presses de l'imprimeur Jamet Mettayer à Paris en février 1599, il s'agit de la Cueillette de la soye. En réalité, il est question d'un chapitre du Théâtre, (ce sera le chapitre XV du 5e Lieu du Théâtre d'agriculture qui va paraître le 1er juillet 1600), qu'il a détaché et publié avec un peu d'avance pour répondre à l'impatience du roi Henri IV et surtout celle du contrôleur général du commerce Laffemas. Le Théâtre va se révéler d'emblée un grand succès puisqu'il fera l'objet de 19 éditions entre 1600 et 1675.

Il s'entoure de l'expérience des anciens et les cite tout au long de son ouvrage : Hésiode, Virgile, Pline, Caton, Varron, Columelle. Il a lu aussi ses contemporains mais, sa bibliothèque ayant été détruite, on ne peut en dresser la liste avec certitude. Sa grande originalité et supériorité tiennent dans le fait qu'il peut s'appuyer sur ses propres expériences menées en son domaine du Pradel. Il introduit en alternance, dans l'assolement, des prairies artificielles et des cultures de céréales, il plante des mûriers (c'est à lui que l'on doit la première pépinière de mûriers aux Tuileries), élève des vers à soie. Il réalise une rizière suivant l'exemple des Piémontais et met en évidence l'utilité de nouvelles plantes : le maïs (venu d'Italie) , la garance, le houblon (cultivé en Angleterre), la betterave (venue d'Italie) dont il remarque la richesse en sucre, la pomme de terre, qui dans l'ouvrage porte les noms de cartoufle et truffe, « cet arbuste dit cartoufle porte fruict de mesme nom, semblable à truffes et par d'aucuns ainsi appelé». Ces dénominations sont encore en usage dans de nombreux dialectes, ancien provençal trufa, cartoufle répandu en Vivarais, lyonnais, Franche-Comté et Bourgogne est adapté du suisse alémanique cartoffel, lui-même adapté de l'italien tartuffol «pomme de terre » relevé par le botaniste bâlois Gaspard Bohin en 1596, du latin terrae tuber . Il s'intéresse à toutes nouveautés, visite à Paris de nouvelles citernes qu'un italien, Balbani, avaient construites sans maçonnerie, ni ciment et les décrit dans l'ouvrage (7e Lieu, chap.5). S'il a employé au Pradel les méthodes agricoles du midi, la plupart des sujets abordés intéressaient toute la France, même la sériciculture. On trouvait alors des plantations de mûriers aussi bien aux environs de Lyon, qu'à Orléans, Tours, Paris, Moulins où Catherine de Médicis avait fait couvrir de mûriers son parc.

La rédaction du Théâtre a duré de 30 à 40 ans, donc de 1560-1570 jusqu'en 1600 date de la première édition. Sa langue est contemporaine de celle de Montaigne, avec des caractéristiques régionales, en particulier nombre de régionalismes de l'occitan et du provençal. Quand un mot est senti comme un régionalisme, Olivier de Serres le transcrit en italique avec souvent indication de la région ou du pays d'appartenance : ex : éd. de 1600, 2e Lieu, chap. 4, p.107 : « Les Italiens, Piedmontois, ceux de Languedoc et de la Provence,s 'accordent à ce mot Tozelle, qui est un Froment-raz ». «En France, Vers-à-soie : en Languedoc, Provence, et és environs, Magniaux. ».

Certains mots, qui sont pourtant des régionalismes, ne sont pas en italiques dans le texte, c'est le cas de Fabregue (6e L, Chap ;11, p.566), cette plante est le basilic, terme absent de l'ouvrage, donc on peut supposer qu'Olivier de Serres ne connaissait que Fabregue et ne pouvant l'expliquer par un terme « français » ne le signale pas comme régionalisme.

Les nouveautés lexicales abondent chez Olivier de Serres et constituent souvent des premières attestations à savoir les premiers témoignages écrits d'un mot (dans l'état actuel des recherches). Ce n'est pas un hasard. En effet, comment rendre compte d'expériences nouvelles, décrire de nouvelles plantations, des objets, outils récents quand les mots n'existent pas encore, si ce n'est en les créant soit en les empruntant, du latin bien sûr, mais aussi, et c'est souvent le cas chez lui, de l'occitan et du provençal, ou d'autres langues et dialectes régionaux.
Exemples de premières attestations chez Olivier de Serres : Olivette, palissade, canisses, bette-rave, oeillet de poète, petits pois, bordure, jardiner, rouelle (de veau), candir, présurer, etc.

 

 

 

 

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liliaimelenougat 26/02/2008 19:26

voila un peu de culture qui ne fera pas de mal...