LE MOBILIER CAMPAGNARD

Publié le par kalou

LE MOBILIER CAMPAGNARD

Voici le plan type de la pièce principale d'une maison rurale ardéchoise : la cuisine-séjour dans laquelle se déroulaient les principales activités domestiques, le repas et le sommeil :

  • la cheminée d'angle, souvent monumentale, occupe l'un des côtés de cette cuisine-séjour.
  • la souillarde (l'évier) se trouve à droite de la cheminée, dans une sorte de niche.
  • les placards et l'horloge occupent entièrement, comme une boiserie, le panneau qui fait face à la fenêtre.
  • la table, accompagnée d'un banc, est située dans l'axe de la fenêtre.
  • un lit clos ou un lit en alcôve est dissimulé par un rideau sous l'escalier qui monte à l'étage

Partout s'impose cette cuisine-salle commune, où les relations ont joué un grand rôle, d'abord comme lieu de séjour de la famille, ensuite parce qu'elle permettait de se retrouver entre voisins autour de la cheminée durant les longues veillées d'hiver.

Le mobilier rural, essentiellement utilitaire a été fabriqué avec du bois de pays (sapin dans la montagne, chataîgnier dans les Cévennes, partout ailleurs le noyer) par des ébénistes le plus souvent locaux. Ils firent d'habiles adaptations sur les modèles du mobilier bourgeois importés des centres d'ébénisterie aux noms de facteurs connus. Nettement plus rustique, le meuble est adapté aux nécessité d'une région donnée, avec la fantaisie propre à tel artisan qui ne manquait ni d'habileté, ni d'imagination, ni de goût.

LE BUFFET OU DRESSADO : est l'élément inséparable du décor de la cuisine. Ce buffet à un corps a généralement deux portes (rarement trois ou quatre) et parfois il a deux ou trois tiroirs. Les pieds sont galbés ou droits. On se servait de ces buffets pour ranger les écuelles, les assiettes, les couverts et les restes de repas. En bas, on y gardait parfois des produits laitiers. Il existe aussi des buffets à deux corps superposés, le plus souvent séparés par des tiroirs logés dans le corps inférieur.

LE VAISSELIER : proprement dit est souvent en retrait du buffet. Il en est général très simple, à trois étagères à rebord avec une barre transversale pour retenir les assiettes ou les plats décorés que l'on mettait debout.

L'HORLOGE OU LA RELOGE : avait conquis toutes les fermes. Il s'agit de la comtoise, cette haute horloge à caisse de bois avec poids et sonneries. Si le plus souvent les caisses trop hautes de ces horloges ont disparu, certaines, émigrées en des maisons paysannes plus basses, ont eu leur socle coupé, d'autres l'ont eu enterré ou ont perdu leur fronton.

LE PETRIN, MAIE OU TABLE : était une des pièces fondamentales du mobilier paysan, cumulant souvent les triples fonctions de pétrin, de table et de placard. C'est un plateau uni mobile, couvrant un corps en auge (bassin) de structure trapézoïdale, sans décor.

  • Le mode de support, là encore extrèmement rudimentaire, consiste en quatre pieds droit verticaux reliés deux par deux par une traverse haute sur laquelle repose directement le corps du meuble. Les pieds s'élèvent à mi-hauteur de l'auge et sont biseautés pour s'adapter au profil trapézoïdal. C'est un meuble utilitaire destiné avant tout à pétrir la pâte à pain.

    L'ARCHEBANC : est un coffre spacieux à dossier droit et avec des accoudoirs. C'est un banc à trois tiroirs en façade. Le coffre droit, servant de siège, est fermé par un couvercle à charnière.

    C'est le produit pur des Cévennes où on le rencontrait tout au fond du chauffage de la cuisine, de chaque côté du foyer. C'était le siège de l'aïeul ou du maître de maison.

    LE COFFRE DE MARIAGE : toutes les maisons possèdent au moins un coffre. Il est aussi indispensable que la table et le lit, on y rangeait les vêtements. On en retrouve dans tous les inventaires, du plus riche au plus pauvre. Ils sont le plus souvent à plateau ouvrant avec un seul panneau en façade, avec ou sans corniche basse.

    L'ARMOIRE OU GARDAROBA : est le meuble par exellence et le principal achat du jeune couple. La traverse supérieure en a alors souvent conservé la date du mariage et les initiales des novis (les jeunes mariés).

    On a en somme mis debout le grand coffre : on l'a haussé à la stature de l'homme. Les deux portes sont droites et composées de deux panneaux droits souvent ornés de pointes de diamant. Les corniches sont rectilignes (défini par des droites), moulurées et non décorées.

    LE LIT ALCOVE OU LE LIT PLACARD: disparait derrière les boiseries. Le lit clos est fermé par deux portes ou par des rideaux, autant pour en voiler le contenu que par souci de se proteger du froid en gardant sa propre chaleur. Le matelas était confectionné avec de la aline du, troupeau de la maison ou était tous simplement une paillasse de feuille de mais ou de balle d'avoine.

  • LE COFFRE A GRAIN OU ARCHE : depuis toujours, chaque ferme possédait, dans sa grange, dans son grenier, une ou deux arches (ou coffres à grain) à un ou plusieurs compartiments. C'étaient des meubles lourds et épais, le plus souvent dégrossis à coups de hache, d'assez vastes dimensions et destinés à mettre la récolte à l'abri des rats.

     

     

           

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