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Dimanche 19 novembre 2006

Le site des Archives départementales de l'Ardèche propose une rubrique de consultation en ligne d'une quantité impressionnante de documents numérisés.

voici le lien: www.ardeche.fr/education-culture-jeunesse-sports/archives-departementales/consultation-en-ligne

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Par kalou - Publié dans : ARDECHE
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Dimanche 19 novembre 2006

La maison rurale ardéchoise est un assemblage d'éléments, de partis architecturaux répondant à des fonctions très précises : granges, étables, bergeries, magnaneries, séchoirs à chataîgnes, balcons, hangars ...... où des contraintes climatiques interviennent en tant que facteur modifiant.

Rien d'étonnant, sans doute, à ce que l'architecture rurale reflète économie et paysage.

LA MAISON DE LA MONTAGNE :  c'est l'habitation d'un éléveur.

Longue, basse, elle regroupe sous le même toit les bêtes et les gens. On y pénètre par une sorte de petit sas qui sert à remiser les outils indispensables, mais qui évite surtout de mettre les habitants directement en contact avec l'air froid d'extérieur lorsque l'on ouvre la porte. Parfois l'entrée se fait par l'étable, dans le même but.

La chaleur animale est considérée comme une sorte de chauffage d'appoint, et c'est dans cette perpective que le lieu de vie du bétail est autant que possible rapproché de la salle où se rassemble la maisonnée ( ensemble de ceux qui habite la même maison).

Toujours à forte pente, les toits admettent trois sortes de matériaux de couverture :la paille, le genêt (arbrisseau à fleurs jaune d'or odorante et toxique) ou la lauze, les deux premiers adoptant la plus forte pente afin que la neige abondante ne vienne pas écraser la toiture. La lauze se justifie par la proximité d'anciennes carrières.

Pour combattre le froid, les murs sont épais et massifs, presque sans ouvertures. A l'origine, ces murs sont réalisés sans mortier, au pays du granit et des volcans, "bâtir à chaux et sable" était un luxe réservé au nobles, bourgeois ou abbés des communautés religieuses (la chaux du Bas-Vivarais à dos de mulets, par des chemins impossibles, n'était évidemment pas à la portée de toutes les bourses).

Dans la majorité des cas, on se contentait de compacter entre deux parements de granite ou de basalte, une "âme" de terre ou d'argile assurant une homogéneité très convenable.

La grange ou fenière, immnse, se réserve à elle seule les deux tiers du volume de l'ensemble. Elle est conçue pour engranger en vrac les tonnes de foin nécessaires à la nourriture du bétail. Massive, trapue, faite pour défier les siècles, cette grange est basse, comme écrasée par sa lourde carapace de lauzes. Sous sa provision de foin, elle reunit, bêtes et gens pendant les quelques six mois que dure l'hiver.

L'homme partage le rez-de-chaussée avec son bétail, sa seule richesse.

On pénètre d'ailleurs chez les uns et les autres par la même entrée.

Le logis des hommes accessible par l'étable, ce qui permet de soigner le bétail sans sortir de la maison, se reduit le plus souvent à une pièce unique, la cuisine.

Il n'y avait pas de vraies chambres que dans les maisons aisées ; dans les autres, une fois la veillée terminée, chacun allait rejoindre son lit -placard.

Pour les maîtres, il était à proximité du feu ; pour les gens de moindre importance, enfants ou domestiques, il était souvent dans l'étable, cela permettait de surveiller les bêtes, et surtout d'avoir plus chaud.

De l'extérieur, la cheminée particulièrement soignée est avec la toiture à base de l'harmonie de l'habitation. Ces cheminées de montagne sont de véritables pièces à elles seules.

Les maisons de la Montagne, au Moyen-Âge, étaient couvertes de genêts ; on brûlait généralement, plus que du bois trop rare, des mottes de terre plus ou moins ligneuse (de la nature du bois), ramassées dans les tourbières (gisement de tourbe (matière spongieuse et légère, qui résulte de la décomposition de végétaux à l'abri de l'air) en quantité exploitable) du plateau. L'ouverture principale était la cheminée, par laquelle s'échappait la fumée âcre et surabondante. L'arrivée de la couverture de lauze, que l'on peut dater du milieu du XVIIIe siècle, marque un incontestable progrès social, elle dure plus longtemps que le genêt et elle est moins sensible à l'incendie

 

LA MAISON DES BOUTIERES: la maison a épousé la pente l'obligeant à se développer en hauteur. Adossée au versant tourné vers le midi, elle présente une forte dissymétrie dans la hauteur des façades latérales.

La façade d'aval est la plus élévée, tandis que celle d'amont est très réduite voire inexistante.

L'étable prend place au rez-de-chaussée. Dans les hautes vallées, l'étable et la cuisine sont au même niveau, seule une cloison de planches dans lesquelles sont ménagées des ouvertures, sépare l'homme et ses bêtes.

Dans la basse vallée, la cave peut-être partagée en deux ou trois espaces par des cloisons de planches pour abriter récolte, bétail et petit matériel de viticulture.

Le deuxième étage est réservé à l'habitation.

Au somet se trouve la grange, accessible aux chariots par une large porte donnant sur l'aire. Parfois une ou deux chambre sont construites dans la grange.

Le plus souvent on accède séparément à la grange, à l'étable ou à la cave.

La toiture en tuiles canal recouvre les trois niveaux.

 

LA MAISON DU COIRON : la maison a hérité de la Montagne le basalte noir qui ne peut ni se tailler, ni s'ériger en murs très hauts.

Les toits assez plats sont en tuiles "canal" et débordent peu sur la façade. On a construit au fur et à mesure des besoins et selon les commodités dictées par le sol, avec un désordre dans l'agencement.

L'étage ou loge la famille est presque toujours construit sur voûte sous laquelle sont logés les moutons et les chèvres.

Le balcon couvert, la leïo, précédant la cuisine, est largement ouvert sur l'extérieur. La cuisine au sol dallé reste la pièce essentielle du logis.

De vastes granges-étables et des hangars sont disposés sommairement autour d'une cour fermée par un grand portail (les grosses fermes pouvant ainsi regrouper sept ou huit batiments) .Plus on s'éloigne de la falaise vers le sud, plus le calcaire convoité prend le pas sur le basalte n'intervenant que ponctuellement (le basalte vient en remplissage), ce qui confère aux façades non enduites, cet aspect d'échiquier noir et blanc.

 

LA MAISON DES CEVENENNES : Les cévennes est le pays le plus sévère et le plus âpre de tout le vivarais. La diversité des matériaux de construction grès (roche sédimentaire formée de nombreux petits éléments unis par un ciment de nature variable), schistes (roche ayant acquis une structure feuilletée sous l'influence de contraintes tectoniques (ensemble des déformationssubies par les couches géologiques déjà formées)), micaschistes (roche composée de mica (silicate) et de quartz), granit semble avoir métamorphosé l'architectonie à chaque détour du chemin.

C'est une maison dominée, comme tout le pays, par l'omniprésence de la pente. La dénivellation est très prononcée et la roche est très dure. C'est pourquoi, d'une façon générale, la maison est bâtie à peu près systématiquement sur voûtes.

 

LA MAISON DE GRES : est une des plus belles d'Ardèche.

Le grès constitue le matériau de construction par exellence.

Ces maisons ont beaucoup plus l'air de demeures bourgeoises que de fermes.

Les murs épais constitués de grosses pierres d'assises (rangée de pierres qu'on pose horizontalement pour construire un mur) taillées se prêtent remarquablement à la sculpture et ont pris avec les ans une belle et chaude patine cuivrée.

Le toit, à l'origine en lauzes de micaschistes, admet de plus en plus la tuile canal.

L'escalier est dans la plupart des maisons un escalier à vis intérieur, lo viseto, abrité par une tourelle, ce qui donne à l'ensemble un petit air féodal. L'escalier de l'extérieur n'est apparu que récemment.

La cuisine dallée est immense, souvent séparée en deux partiespar la grande cheminée.

La cheminée, profonde de deux à trois mètres, se trouve sur toute la largeur de la pièce séparée du séjour proprement dit par un grand arc.

LA MAISON DE SCHISTE : d'un matériau ingrat, le paysan cévenol a su réaliser un habitat avec du caractère, aussi sévère et sombre qu'il soit, solidement campé sur les pentes

 abruptes. Construire en hauteur, la maison met à profit la pente du terrainpour avoir sesentrées de plain6pied, et l'on peut pénétrer dans la grange ou dans l'étable sans être obligé de passer par la cour.

L'habitat est exposé au midi, orienté au sud et à l'est. Les ouvertures sont étroites et adaptées au climat.

La couverture en lauzes schisteuses est placée sur une charpente en chataîgnier : la douelle.

Au coeur des Cévennes, les constructions disséminées (dispersées) dans la chataîgneraie en font une des régions les plus attachantes et les plus originales de l'Ardèche. Toute ferme, dequelque importance, disposait d'un petit bâtiment particulier, qu'on appelait  la clède et qui était réservé au séchage des chataignes.

Cette clède est généralement une petite construction carrée en pierres, à un étage, au toit de tuiles creuses ou de lauzes de schiste, sans cheminée.

Les chataîgnes étaient disposées sur le plancher de l'étage, qui formait une sorte de claie (caget) ; on allumait du feu dans la pièce du bas, en lui faisant dégager beaucoup de fumée.

 Ainsi, baignée de chaleur, la chataîgne séchait lentement, ce qui permettait de la conserver, tandis que la fumée s'écoulait par des ouvertures soignesement disposées dans les murs

de l'étage.

LA MAISON DU BAS-VIVARAIS : la maison est solidement bâtie en pierres, un calcaire qui se taille bien et constitue de bonnes murailles. Elle est probablement, avec la maison de la

Montagne, l'édifice le plus impressionnant de l'ancienne architecture.

L'étable et la cave prennent place sous la crotte (voûte bien appareillée). Dans les hameaux, certaines voûtes restent ouvertes, et servent ainsi de circulation de voisinage. On peut

ainsi aller visiter son voisin tout en restant à l'ombre.

Au-dessus de cette crotte, trône la terrasse à laquelle on accède par un escalier extérieur en pierre. Cette terrasse possède de multiples fonctions : lieu de repos et d'accueil, d'ombre

et de séchage. Elle est généralement entièrement couverte (le conradon), souvent simple prolongement de la toiture, soutenue par des arcades et porté par des piliers de pierres

carrées ou cylindriques.

De la terrasse, on accède directement à la cuisine et à la magnanerie, aujourd'hui délaissée, mais qui fut un élément essentiel de l'habitation.

Le toit à faible pente recouvert de tuiles canal irrégulièrement concaves, se termine souvent par un double ou triple bandeau de génoises (frise provençale composée de tuiles

superposées).

Mais le modèle type de cette maison de calcaire perd souvent de son unité suite à l'adjonction de bâtiments : magnanerie, hangars, pigeonnier. Tous ces ajouts arrivent à former un

 mas groupant l'habitation et communs autour d'une cour, constituant un véritable élément architectural en lui même.

 

 

  photos illustrant:

1) toit de genêt

2) toit de lauze

3) mas cévenol

4) maison cévenole en ruine

 

 

 

 

 

                                                                                               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


 

 

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Samedi 18 novembre 2006

LES VIEUX METIERS

Voici quelques uns des vieux metiers en Ardèche

Le clocheron ou le companèir : Le sonneur de cloches était un personnage estimé au village, presqu'autant que le curé.

De son ministère dépendait l'angélus du matin, du midi et du soir, les joies carillonnées des baptèmes et des mariages, le glas (tintement lent d'une cloche) des enterrements, la sonnerie du toscin (sonnerie de cloche répétée et prolongée, pour donner l'alarme) .

Les jours d'orage, il carillonnait encore à toute volée afin d'éloigner les nuages de grêle.

Fort mal payé, il faisait trois tournée par an : l'une à la Saint-Jean, l'autre en juillet pour les foins, la troisieme à Noël pour le blé. Il faisait chaque fois de fructueuses collectes parce qu'on était convaincu que la cloche écartait les orages des récoltes. S'il ne sonnait pas, on ne lui donnait rien.

Le colporteur : Il connaissait les fermes et surtout les marchés. Il vendait des lacets, des aiguilles, des couteaux, des cotonnades (etoffe fabriquée avec du coton), toute une mercerie bon marché que les fabriquants avisés lui faisait répandre dans les campagnes. Il vendait aussi des images, des livres populaires brochés (rédigés à la hâte, sans soin) édités par des officines (boutiques) obscures, ce qui faisait de lui un être mystérieux, avec un pouvoir reouté.

Le muletier : le métier de muletier dut prendre naissance d'assez bonne heure. Il répondait à une veritable utilité publique, dans un pays ou les routes étaient presque impraticables. Seules, les caravanes bryantes des muletiers pouvaient emprunter la ligne tortueuse des sentiers de la montagne. Ils montaient le vin, l'huile , les chataignes et des planches. L'amélioration du réseau routier, l'organisation de nombreux services de voitures publiques, devait leur porter un coup fatal. Les villages vivant essentiellement de ce négoce retombèrent dans leur isolement, payant un lourd tribu au progrès.

Manhans et magnanerie : Partout ou on a pu planter du mûrier, on a fait de la soie. C'est dans le Bas-Vivarais et les Cévennes que la sériculture (élevage des vers à soie) a été la plus la plus intense.

Le ver à soie exigeait de la lumière, de l'air fréquemment renouvelé et une température constante. Ainsi, les magnaneries d'assez grandes dimensions étaient d'ordinaire orientées nord-est  nord-ouest. Les vitres étaient remplacées par des morceaux de toile ou de papiers huilés qui tamisaient la lumière du soleil et assuraient une aération suffisante.

Le sabotier : peu de métier ont été aussi populaires que celui de sabotier. Aune époque où tout le monde portait des sabots, c'était un personnage incontournable. Il débitait de l'érable, du noyer ou du pin en morceaux bin égaux de la longueur de ses sabots, qu'il faisait secher en chateaux (superstructure élevée). Son établi était une simple bille (bûche) de hêtre monté sur quatre pieds s'écartant vers le bas pour lui donner une assise solide ; le dessus était échancré (creusé) sur le milieu de façon à ménager un large replat où l'on pouvait immobiliser la pièce de bois à travailler. Il faut bien avouer qu'en hiver, c'était la chaussure la plus chaude et la plus saine.

 

La poterie et l'art du potier : est un des arts les plus anciens en Ardèche depuis le néolithique. Lorsque l'argile est de bonne qualité, on continue un peu partout à tourner les terrailles (les poteries utilitaires) qui ont égayé de leurs décors fleuris aux teintes vives les étagères du dressado.

Salavas, sur les bords de l'ardèche, peut se glorifier d'une tradition remontant au mons à la seconde moitié du XVIIIe siècle. On y faisait surtout des terrailles fragiles au feu, des faiences d'un beau jaune paille dont certaines marbrées de couleurs différentes.

 

Les dentellières : Il faudrait sans doute remonter assez loin dans le temps pour retrouver en Ardèche leur souvenir.

Il faut se rapprocher de la Haute-Loire dans la Montagne Ardéchoise pour voir des femmes manier le carreau de dentelle. Chaque dentellière avait un carton perforé fourni par les leveurs (contremaître) du Puy qui payaient au mètre. C'était une danse charmante de doigt et de fuseaux avec le gai cliquetis du bois sur le carreau.

 

Batteurs d'eau et mariniers : lLe transport des marchandises sur le Rhône remonte à la plus lointaine antiquité. A cette époque, le halage (tirage) des barques se faisait "au col", c'est à dire à la traction humaine. Ensuite viendra le halage à l'aide de chevaux.

Les convois étaient composés de trois à sept barques à fond plat, tirées par trente à quatre vingt chevaux. Pour conduire un tel convoi, une trentaine d'hommes étaient employés. Ce n'était pas une petite affaire que de guider ces longs convois sur le fleuve, où les îles et les bancs de sable formaient de véritables dédales (labyrinthe) et où les passages libres évoluaient du jour au lendemain. On transportait ainsi le vin, le sel, la laine, le chanvre (plante textile cultivée dans les régions tempérées et subtropicales), les produits exotiques et toutes sortes de marchandises.

La navigation à vapeur ruinera les équipages.

 

Le berger communal ou le pastre : Il était considéré comme un être à part, un peu sorcier. Il tenait son savoir de l'observation de la nature et du ciel. Il sentait venir l'orage, devançait les saisons, connaissait admirablement bien son finage (limites), devinant la pierre sous laquelle se lovait la vipère, ayant perçé le secret des plantes et des pierres qui guerissent.

On le redoutait un peu : il passait pour posseder "le don", cette science où se mèle la magie.

Lorsqu'un propriétaire avait suffisamment de pacages (patûrages) pour nourrir son troupeau, il avait aussi son berger. La plupart du temps on ramassait tout le cheptel (ensemble des bestiaux) du hameau ou du village en un seul troupeau, ce qui nécessitait un seul berger. C'était un professionnel. Chacun lui confiait le nombre de bêtes qu'il voulait, et à tant par tête, il percevait une redevance fixée chaque année pour son salaire.

Chaque maison le nourrissait à son tour en proportion du nombre de bêtes mises au troupeau.

Pendant la saison brûlante il s'en allait trois mois, de la Saint-Jean à la Saint-Michel, avec son troupeau vers la montagne verte. Il ne descendait qu'à l'automne.

 

 

 site les vieux metiers: http://www.vieuxmetiers.org


 

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